36 000 ZADs et autre poème

Message reçu sur la boîte de la zad


je pense qu’il faut vraiment reprendre la main dans les médias en expliquant que c’est très bien que le département récupère les terres de la ZAD
car justement face aux défis climatiques et à la dictature de la propriété privée nous exigeons la création d’une zad par département dans un premier temps,
pour ensuite réclamer qu’une parcelle par commune soit dédié à des projets alternatifs. Si besoin de précision vous pouvez me contacter.
En attendant, comme à chaque loi devrait correspondre un poème et bien le voici 😉

36 000 ZADs

Comme l’a dit en son temps un vieux marcheur indien :
Notre globe pourvoit aux besoin de chacun,
De l’humain à la fleur et de l’oeuf à la poule,
Sans pour autant nourrir l’avidité des foules.

Car en naissant ici, nous sommes destinataires
Mais aussi responsables du ciel et de la terre.
Nous pouvons corriger l’imparfaite charpente
Permettant à la Vie de remonter la pente.

La ZAD est cet endroit où le futur s’écrit,
Dans de puissants débats, sous de nouveaux outils.
Nous empruntons ce globe aux enfants de demain,

Libérons des hectares pour y créer sans fin :
Des cabanes, des objets, des fêtes et des légumes.
Oui nous érigerons, une ZAD par commune !

Autre texte

Chers tronçonneurs de fleurs (oui chers car vos opérations ont déjà coûté le prix des terres que vous saccagez) : je vous écris ce texte de retour de Notre-Zad-Des-Landes, jadis, riche et bouillonnante. Je vous écris ce texte au dos de la nouvelle carte de la zone où tant de lieux de vie gisent désormais à terre. La violence légitime de l’état a fait son ouvrage tandis que nos barricadiers n’ont plus coeur à l’outrage. Les corps sont fatigués et les âmes blessées. Ce qui devait être la continuité d’une lutte réellement légitime, contre un aéroport et son monde. Cela s’est mué en un bourbier harassant. Toujours des hélicos dans notre ciel d’azur et des gardiens de la guerre dans de sombres armures. Nos bulles d’air buldorizées vous saluent bien bas. Nos futurs sont foutus comme des graines qu’on n’arrose plus. Cette ville nouvelle qui devait voir le jour a fait peur au vieux monde nourrissant ses vautours. Une ville nouvelle qui soignerait la Terre, sans que quiconque n’en soit l’heureux propriétaire. Une ville ouverte à tous, de l’aisselle touffue au mangeur de tofu, du bon papy ventru au beau bébé joufflu. Culture, habitat, éducation, alimentation, tout en autonomie, on vous aurait conquis ! Cette civilisation à l’horizon lointain est étouffée dans l’oeuf par des ordres malsains. Merci à nos gendarmes, piétineurs de fleurs ; merci l’état-major, briseur d’os et de corps ; merci aux gouvernants, fossoyeurs d’avenir, que la fin de toutes choses n’empêche pas de dormir. Tapez donc ces recherches dans vos ordinatueurs : arrêt du gulf stream, sixième extinction des espèces, changement climatique, acidification des océans, dégel du permafrost, pollution de l’air, de l’eau, de la nourriture, des humains… Ces concepts peuplèrent votre roboCOP 21, pourtant rien n’a changé et vous le savez bien. Vous préférez envoyer vos cagoles à cagoules murer des lieux de vie dans le silence complice des foules. Comprenons-nous bien. Il est hors de question qu’on vous confie nos gosses, vous qui jetez l’espoir dans une grande fosse. Nous avons bien compris qu’attendre que vous changiez, c’était mourir d’ennui. Les héro(e)s qu’on soutient érigent avec leurs mains l’improbable charpente et n’utilisent pas des tanks pour écraser des tentes ! Vous auriez pu donner une chance à ce puissant chantier mais au lieu de cela, vous avez attaqué. Nos bases avec vos gaz. A 10 contre 1. Vous arrachez des mains (cf photo). A ce stade, sachez que ce ne sont plus vos lacrymos qui nous font pleurer. J’ai quitté tout à l’heure ce lieu magique que je défends depuis plus de dix ans, l’espoir en miettes. Overdose de violence. J’entends maintenant parler de guerre, d’armes à feu, de divisions jusque dans nos propres rangs alors que notre zad devait vivre de paix. Vous reviendrez demain pour finir le travail, en nous faisant passer pour les pires canailles alors que c’est bien vous qui pillez nos ressources, accapareurs d’hectares, qui ne pensent qu’à leurs bourses. L’Histoire vous jugera comme les pires humains qui engendrèrent la fin et qui ne firent rien. Vous avez divisé le peuple et bafoué la devise. Vous devez la servir sous peine d’être empêché. Je n’ai donc plus rien à vous dire, je laisse ma poésie conclure sans vous maudire :

Puisque pour nous comprendre il faut théoriser,
Parlons révolution sans nous terroriser.
Nos ancêtres ont lutté pour graver une devise
Aux frontons des mairies d’un peuple qui se divise.

Trois mots c’est pourtant peu… La France n’en a que faire !
Elle préfère détruire et déclarer la guerre,
A ses propres enfants, graines de renouveau,
Vivants libres comme frères, choisissant d’être égaux.

Ces trois mots ne sont pas : Travail, Famille, Patrie.
Encore moins : Possession, Argent et Hiérarchie.
Ces trois mots sont des clés offertes en héritage

Par ceux qui ont connu la guerre et ses ravages.
Laisser vivre la zad, c’est offrir une serrure
A ce trousseau de clés qui ouvre le futur.

Lien de l’article : http://zad.nadir.org/spip.php?article5956

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