La catastrophe de Tchernobyl dure depuis 32 ans – En France aussi, un accident est possible !

À l’occasion du triste anniversaire de l’accident de Tchernobyl, des actions auront lieu partout en France pour rappeler que la catastrophe n’est pas terminée et exiger une sortie du nucléaire.

Une catastrophe sans fin

Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait, répandant son panache radioactif sur toute l’Europe. 32 ans après, la catastrophe continue de se déployer, comme le montre le tout récent documentaire Tchernobyl, le monde d’après. Réalisé par l’association Enfants de Tchernobyl Belarus avec le soutien de scientifiques indépendants, celui-ci donne la parole aux derniers « liquidateurs » de l’accident et à toutes celles et ceux qui tentent tant bien que mal de réduire les dommages pour la population.

En effet, une grande partie des substances rejetées resteront radioactives pendant des siècles. Comme elles s’infiltrent progressivement dans le sol, celles-ci continueront à contaminer les produits agricoles pendant des décennies, puisqu’elles resteront mobilisables par les racines des plantes. Par ailleurs, les substances absorbées par les populations lors du passage du nuage ont démultiplié la fréquence de certaines maladies. Loin d’être épargnées, les générations nées après 1986 sont de plus en plus touchées, attestant du caractère héréditaire et dégénératif de certaines pathologies. Ainsi, comme le démontre la pédiatre Galina Bandazhevskaïa, les malformations cardiaques congénitales chez les enfants de la région de Minsk sont maintenant 10 à 20 fois supérieures à la normale [1].

Plus que jamais, il est urgent que soient publiées et diffusées largement les études sanitaires rendant compte des conséquences de cette catastrophe.

En France, une situation pré-accidentelle ?

À l’occasion de ce triste anniversaire, nous rappelons que la France n’est pas à l’abri d’un tel accident majeur aux conséquences dévastatrices (comme l’admet l’Autorité de sûreté nucléaire elle-même).

Entre vieillissement des installations, découverte de milliers d’anomalies et maintenance défectueuse sur de très nombreux sites, un cocktail explosif se prépare. Pendant ce temps, le gouvernement fait l’autruche et plébiscite des scénarios énergétiques qui laisseraient fonctionner de nombreux réacteurs pendant plus de 50, voire 60 ans. L’Autorité de sûreté nucléaire, quant à elle, semble avoir pris le pli d’accorder son feu vert à des équipements défectueux (cuve de l’EPR, générateur de vapeur de Fessenheim…), au mépris des règles de sûreté les plus élémentaires.

Et que dire de la fuite en avant consistant à continuer de produire des déchets impossibles à gérer ? Et, plutôt que de tarir la production de ces déchets, d’imposer aux populations de nouvelles poubelles radioactives à hauts risques ? En plus de Cigéo, projet imposé aussi cher que dangereux, l’industrie nucléaire plaide maintenant pour la construction d’une piscine d’entreposage à proximité de la centrale nucléaire de Belleville, pour accueillir le combustible MOX usagé. Située en zone inondable et au beau milieu du vignoble du Sancerrois, cette nouvelle installation nucléaire constituerait une aberration de plus.

En solidarité avec les victimes de Tchernobyl et pour alerter sur le risque nucléaire en France, actions de rue, rassemblements, projections et débats se succèderont dans de nombreuses villes autour du 26 avril 2018. Faisons de ce triste anniversaire un temps de mobilisation pour exiger une sortie du nucléaire et une réelle transition énergétique !

Plus d’informations sur cette page sur le film Tchernobyl, le monde d’après (projeté le 26 avril au cinéma Les 7 Parnassiens, à Paris) :

Retrouvez la liste de toutes les actions :

En particulier :

importante mobilisation du 28 avril au 1er mai contre l’implantation du projet de poubelle nucléaire à Belleville-sur-Loire, avec déambulation dans les rues de Bourges le 28 avril après-midi, conférences-débats les 29 et 30 et « kermesse » face à la centrale le 1er mai.

Grand rassemblement et conférence pour la fermeture des vieux réacteurs du Bugeyà Grenoble le 26 avril à partir de 18h

Contact presse :

Mélisande Seyzériat (chargée des groupes et actions) – 07 60 15 01 23



Pour en savoir plus sur l’actualité de Tchernobyl :

Yves Lenoir, président des Enfants de Tchernobyl Belarus ( http://enfants-tchernobyl-belarus – yaj.lenoir@free.fr )

L’association Enfants de Tchernobyl Belarus est investie dans le soutien à l’Institut indépendant de protection radiologique BELRAD, à Minsk, source précieuse d’informations chiffrées sur la situation sanitaire au Belarus. Depuis 1990, BELRAD mesure la contamination des enfants et des aliments, assiste les acteurs locaux et contribue à la protection radiologique des familles.


Lien de l’article : http://www.sortirdunucleaire.org/La-catastrophe-de-Tchernobyl-dure-depuis-32-ans

Pour marque-pages : Permaliens.

Les commentaires sont fermés