Dépôt d’un dossier collectif de demande de conventions pour les habitats de la zad et mobilisation en cas de nouvelles expulsions

Lors de la dernière entrevue le 7 mai entre la délégation commune et la
préfecture, nous avons de nouveau insisté – comme depuis des semaines –
sur les questions de l’habitat et des activités non agricoles. Au fil du
dialogue, la préfète nous a invité à lui écrire dans l’objectif de
régulariser la situation des habitats par le biais de conventions.

C’est dans la ligne de cette rencontre que nous avons remis aujourd’hui
à la préfecture un dossier collectif de demande de conventions
d’occupation nominatives sur les habitats de la zad. Ces demandes de
convention incluent des anciennes maisons qui n’ont pas été démolies du
fait du projet d’aéroport aujourd’hui abandonné, mais aussi des
bâtiments construits au cours des dix dernières années pour des besoins
de logement et de mise en place d’activités agricoles, artisanales,
sociales ou culturelles. Ces demandes de conventions concernent la
nouvelle génération d’habitant.e.s venus prendre soin du bocage mais
aussi un certain nombre d’habitant.e.s historiques qui n’ont pas
d’activités agricoles et qui n’ont aujourd’hui aucune garantie sur leur
habitat.

En dépit du fait que les différents projets agricoles présentés dans le
dossier collectif ont été jugés positivement par la DDTM et que le
ministre de l’Agriculture a hier ouvert la voie à de possibles
signatures immédiates de conventions d’occupation, des problèmes majeurs
persistent. Entre autres :

- rien n’est clair quant au calendrier de prise en charge des projets
qui ne seraient pas susceptibles de signatures immédiates de Convetions
d’occupations. Nous refusons tout tri de l’ensemble des dossier
présentés. Ce sont leur entremêlement, leur diversité et la mise en
partage des ressources et parcelles qui font la susbtance de la vision
de territoire solidaire qui s’est construite dans ce bocage.

- des parcelles prises en charge depuis plusieurs années par des
installations agricoles nées dans le cadre du mouvement de défense du
bocage sont aujourd’hui revendiquées par des agriculteurs ayant accepté
de toucher les indemnités et de céder leurs terres. En ce qui concerne
ces parcelles, l’Etat refuse pour l’instant de trancher, comme nous le
demandons, en faveur des nouvelles installations plutôt que de
l’agrandissement d’exploitations existantes.

- nous n’avons aucune assurance quant à l’absence de menaces sur les
projets artisanaux, culturels ou sociaux qui se sont développés dans le
bocage et quant à leur possible pérennisation.

- le double-jeu de l’Etat, qui alterne négociation et intervention
policière musclée, se manifeste en ce printemps par un criant paradoxe :
prétendre vouloir accompagner des projets agricoles tout en entravant
les travaux de mise en culture par une occupation policière prolongée du
territoire.

Dans l’immédiat, notre préoccupation centrale concerne la menace d’une
nouvelle vague d’expulsions des lieux de vie et espaces d’activités de
la zad. Toutes nouvelles évacuations ne feraient que faire remonter
dramatiquement la tension et provoquer de nouveaux gâchis, laissant plus
de personnes encore privées de leur logement et de leurs espaces
quotidiens d’activités. Nous ne pouvons par ailleurs avoir aucune
confiance dans les propos du gouvernement sur l’ampleur et la nature de
cette opération qui risque de faire encore de nombreux blessés.

En cas de démarrage d’une nouvelle opération d’expulsion, nous appelons
à venir résister sur le terrain ainsi qu’à des rassemblements et actions
ailleurs en France et au-delà. Une manifestation sera appelée à Nantes
le samedi suivant des journées d’expulsion ainsi qu’une convergence sur
la zad le dimanche.

Lien de l’article : http://zad.nadir.org/spip.php?article5821

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